Une perception globale pour une existence complète

L'être vivant, dont l'humain mais pas seulement, ne trouve son équilibre qu'au point central où se rejoignent l'harmonie avec le milieu, la santé psychique et la santé somatique, uniques conditions de la vie et de son épanouissement favorable.

L'harmonie avec le milieu implique le respect de toutes les formes vivantes, elles-mêmes garantissant à chacune — y compris l'humain — que les conditions de sa survie soit satisfaites.
La santé psychique dépend essentiellement du rapport à soi et au monde. Pour l'être humain, ainsi que pour les animaux dont il bouleverse l'existence et dont il altère l'équilibre, brisant précisément le lien harmonieux avec l'ambiance, la santé psychique — autrement dit la tranquillité, le bonheur, la paix — ne sera acquise qu'à travers la recherche et l'acceptation de la place naturelle des uns par rapport aux autres, de leurs identités, de leurs rôles et de leurs interactions.
Chez l'humain, cela se manifeste par la prise de conscience de l'interdépendance de tout ce qui existe. Cela lui impose deux conditions : admettre faire partie intégrante du monde en tant qu'animal évolué, constituant à lui seul une classe dans le tableau des formes de vie mais n'en étant pas distinct ; faire preuve d'humilité, de gratitude et de respect pour la vie — dont il n'est que l'un des représentants, dont il dépend et qu'il ne domine en aucun cas. Plus simplement, la santé et l'équilibre psychique ne peuvent se trouver sans l'amour.
La santé somatique, enfin, est le résultat spontané de la conjonction des deux éléments précédents. Si l'idéal est un esprit sain dans un corps sain, l'esprit ne peut être sain que dans un corps sain, lequel ne peut l'être qu'en harmonie avec un milieu préservé. Il n'existe pas de santé somatique, et donc pas de santé psychique, si le lien avec le milieu, le rapport à l'ambiance, est perverti (maladie) ou inexistant (mort).
À tous les niveaux, l'être humain — pour n'évoquer que lui, mais ce qui l'affecte n'est que le reflet, voire la conséquence, de ce qui affecte le monde — est vitalement soumis au milieu. Il en est le produit. Comme toutes les autres formes de vie, il n'est qu'un ensemble unifié d'éléments issus de la nature. Si l'harmonie, l'équilibre sont perdus, la vie se retire : déséquilibre (chaos) et disharmonie (destruction) ne lui permettent plus de s'exprimer.
Qu'il s'agisse de ses fonctions physiologiques, biologiques, de sa subsistance et même de son évolution, de son avenir, l'humain est indissociable de son milieu ; il en est fondamentalement dépendant : existe une « homéostasie » entre les êtres vivants, la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère, soit la planète elle-même.
Des études épigénétiques récentes ont, par exemple, démontré que des maladies — notamment provoquées par des produits toxiques — étaient retransmises à deux, voire trois générations (travaux de Marcus Pembrey & Lars Bygren, Universités de Londres et de Umea ; et de Michael Skinner, Université de Washington).
La destruction du milieu conduira tôt ou tard à celle de toutes les formes vivantes.
Il en résulte que la santé somatique ne peut exister sans le respect de toutes les formes vivantes (soi-même inclus), sans la prise de conscience de l'interdépendance et donc, sans la mise en pratique du principe de bonté, qui est reconnaissance de l'harmonie et de l'équilibre — littéralement ralliement à la vie, source inépuisable de joie.
En travaillant à la fois pour la préservation du milieu, la santé psychique et la santé somatique, en dépassant les clivages par une vision unifiante, en refusant la compartimentalité et la spécialisation outrancière — qui favorisent le pouvoir arbitraire et le profit occulte —, notre choix est ainsi de nous diriger vers ce point central, cherchant à prendre soin de tout ce qui vit.
En ce sens, l'individu, la société, les autres formes de vie, la nature ne font qu'un à nos yeux, et il est impératif de rétablir leurs liens. Telle est notre conception de l'existence : holistique, globale, généraliste.
Nous ne faisons qu'un…

L'association Euphoria met particulièrement l'accent sur la notion de partage. Elle offre ainsi gracieusement ses services à qui en a besoin, cherchant parallèlement à valoriser au mieux les moyens, les ressources propres des bénéficiaires, de leurs proches, de ses contacts et relations — donateurs et bénévoles —, ainsi que de toute personne intéressée.
Le partage est notamment l'un des éléments-clés des soirées de rencontres, durant lesquelles les participants sont invités à s'ouvrir et à s'intéresser aux autres, à offrir et à recevoir. Toute une rééducation est à faire, dans ce domaine, en Occident, où règnent l'égoïsme individualiste, l'indifférence et la peur, éléments destructifs essentiels du tissu social et des rapports humains.
L'individualisme des sociétés industrielles contemporaines est désormais au-delà de l'individuation et de l'individualisation ; il a même dépassé le simple cadre des droits et responsabilités de chacun vis-à-vis de soi-même, d'autrui et de l'ensemble.
S'imposant à l'être humain grisé de pouvoir comme la qualité suprême, il est recherche morbide de l'impossible satisfaction de l'avidité induite par la vanité. Cet individualisme « occidental » — contaminant actuellement toutes les cultures et tous les peuples —, est une soif insane, frénétique et insatiable de jouissance matérielle immédiate.
Pour les êtres qu'épuise cet individualisme, tout devient peu à peu sans saveur, sans valeur, insatisfaisant. Le plaisir de vivre s'amenuise sous le poids de la lutte permanente, de la compétition. L'effet d'assouvissement se dissipe tandis que le seul remède préconisé est la surenchère, la fuite en avant ; ainsi, la dépendance s'installe. Les pilleurs de la terre y trouveront leur compte. Mais s'insinue, ou plus exactement se révèle, le manque.
Le premier réflexe conditionné de l'être humain en manque est de chercher hors de lui, autour de lui. Il ne s'interroge que rarement — malgré la présence d'esprit — sur les origines du manque : ses propres insuffisances.
Égocentrique mégalomane, aveuglé par le fait que le milieu ne l'apaise pas suffisamment, il ne réalise plus la nature de son manque : un manquement à soi. Insuffisant à lui-même, rien ne lui suffit ; n'ayant rien à donner, il ne peut que prendre.
L'égoïsme « individualiste » est impossible sans indifférence ; l'un et l'autre impossibles sans la peur. Or, la peur s'enracine dans le malaise profond résultant de l'insatisfaction et du manque. L'égoïsme est la manifestation de la peur du manque ; l'indifférence, la manifestation de la peur de l'insuffisance, l'une des expressions de la vanité.
Ces caractères ne se manifestant que dans le rapport, réel ou virtuel, à l'autre, c'est-à-dire soit dans le contact à proprement parlé, soit dans la fuite imaginative, la peur devient finalement celle de l'autre et du monde, perçus comme potentiellement insatisfaisants donc dangereux.
Pour enrayer ce processus dévastateur, le principe rééducatif consiste à remplacer chaque élément par son opposé parfait. L'amour contrebalance la peur, la bonté supplèe l'indifférence (à soi et à l'autre), l'altruisme équilibre l'égoïsme « individualiste ».
Il ne s'agit cependant pas d'amour, de bonté et d'altruisme compensatoires. Ils incluent la condition de réalisation de soi, et sont ainsi des formes d'égoïsme conséquent constructif, car portés également à l'autre et à soi, et non pas exclusivement à l'autre au détriment de soi.
De cette transmutation la force remplace l'épuisement, autorisant l'ouverture au monde, la confiance (en soi et en la vie), la satisfaction, puis l'apaisement face au réel, la dissolution des rapports virtuels et l'abandon des imaginations conduisant à l'isolement.
Amour, bonté et altruisme ne peuvent se porter à autrui que s'ils se portent également à soi. Le partage, réunissant ces trois qualités, réconcilie l'individu avec lui-même et avec le milieu, l'un se construisant dans son rapport réel et authentique à l'autre. Le partage n'est, ainsi, plus seulement un don de soi aux autres, mais devient de surcroît un don des autres à soi, et un don de soi à soi. Il est un réajustement permanent par la vie.
En cette triade, intégrant naturellement, harmonieusement, tous les éléments susceptibles de favoriser l'épanouissement de la vie, réside la solution à l'ensemble des problèmes humains, y compris les conditions de satisfaction des besoins essentiels pour tous les êtres vivants.


