Partage (Partenariat Alimentaire Genevois)

L’association Partage (Partenariat Alimentaire Genevois), fondée à Genève le 11 avril 2005, est une centrale alimentaire assurant la récupération des excédents alimentaires et de produits d’hygiène pour une redistribution aux associations et organismes offrant repas, colis alimentaires et prise en charge aux plus défavorisés dans le canton de Genève.
Les membres fondateurs en sont l’Armée du Salut, le Caré, Caritas, les Colis du Cœur et Emmaüs. À ce jour, Le Bateau, La Coulou, la Croix-Rouge genevoise et UrGEns ont rejoint le comité de Partage. L'association est de surcroît soutenue par la Ville de Genève, le Service cantonal de protection de la consommation, le Département de l'Emploi et le Service cantonal de gestion des déchets.
Partage est une association sans but lucratif, au sens des articles 60 et suivants du code civil suisse. Ses objectifs sont de :
• soutenir les associations concernées dans leur action de distribution alimentaire ;
• répondre aux besoins de coordination constatés au sein du réseau associatif genevois en matière d‘aide alimentaire d‘urgence et diminuer ainsi l’investissement en temps et en moyens des association concernées dans la récolte de denrées alimentaires gratuites ;
• permettre des économies dans l’acquisition des denrées nécessaires ;
• contribuer à assurer une diversité de la nourriture offerte par des apports complémentaires ;
• dans une perspective de développement durable, grâce à une structure centralisée professionnelle et efficace, maintenir dans un cycle d’utilisation des denrées alimentaires qui, sinon, seraient perdues.
Partage fonctionne grâce à une équipe de dix professionnels à temps plein, dont trois postes salariés, appuyés par des compagnons d’Emmaüs, du personnel OCE / RMCAS, des civilistes et des bénévoles. Dès janvier 2008, en partenariat avec le Service Cantonal de l'Emploi, Partage accueillera plusieurs personnes en emploi de solidarité et leur offrira des possibilités de reprendre un rythme de travail avec un contrat à durée indéterminée et une formation liée aux fonctions exercées.
Partage est totalement opérationnelle depuis le 1er septembre 2005. 500 tonnes de denrées environ sont récoltées par année, redistribuées gratuitement aux 38 associations membres offrant repas ou colis alimentaires aux plus démunis.
L'association Partage a reçu la bourse du développement durable du canton de Genève en 2006, et le Mérite carougeois en 2007.
En 2007 toujours, Partage a récupéré plus de 600 tonnes de produits alimentaires, de nettoyage et d'hygiène, soit 2,3 fois le volume récolté en 2006. Cela représente en moyenne 11,5 tonnes de marchandise par semaine. Entre 14'000 et 17'000 repas ou colis alimentaires sont ainsi offerts chaque semaine aux bénéficiaires des associations caritatives membre du réseau, soit 2'000 repas gratuits chaque jour.
Montée inquiétante de la précarité dans les villes

Depuis une dizaine d’années, on assiste à une montée inquiétante de la précarité dans les villes. Genève ne fait malheureusement pas exception. L’action sociale d’urgence doit faire face à l’augmentation des demandes ainsi qu’à une complexité croissante des situations sociales.
Genève connaît ainsi une importante augmentation de la fréquentation des lieux d’accueil d’urgence proposant des repas gratuits aux personnes démunies. Tant l’acquisition de denrées alimentaires bons marchés ou gratuites, que leur collecte, leur tri ou leur stockage, représente un poids financier et organisationnel de plus en plus lourd pour les associations engagées dans la lutte contre la précarité.
Le nombre de repas servis quotidiennement dans les structures d’accueil d’urgence n’a cessé d’augmenter ces dernières années. En parallèle, notre société produit toujours plus de surplus alimentaires (250'000 tonnes d’aliments sont jetées chaque année, dont 25’000 encore consommables).
La Ville de Genève a décidé de soutenir et de participer au projet de centrale alimentaire de l’association Partage dans un souci de rationalisation et afin de permettre une meilleure gestion de la distribution quotidienne de repas gratuits.
Depuis 1994, le Service social de la Ville de Genève coordonne l’accueil et l’aide d’urgence aux personnes sans abri ou démunies sur l’ensemble du Canton. Mise en place sur mandat du Conseil d’État, la Plate-forme de coordination contre l’exclusion répondait à l’émergence des phénomènes de nouvelles pauvretés en milieu urbain et visait à rassembler les forces et coordonner les actions des différents intervenants. Afin de renforcer la collaboration Ville-Canton et d’associer plus clairement le Canton à la lutte contre l’exclusion, la Plate-forme de coordination contre l’exclusion a récemment évolué en deux structures :
• un Forum contre l’exclusion, qui regroupe l’ensemble des associations qui ont une activité en lien avec la lutte contre l’exclusion. Il comprend différents groupes de travail : psychiatrie, bénévoles, NEM, urgences financières.
• la Plate-forme de coordination des lieux d’accueil d’urgence, qui — sous l’égide du Service social — regroupe les associations et institutions du Forum dont les activités sont centrées sur la satisfaction des besoins primaires (hébergement, nourriture, soins).
Le Forum contre l’exclusion rassemble plus de cinquante associations, dont une quinzaine font partie de la Plate-forme de coordination des lieux d’accueil d’urgence.
C’est dans le cadre de cette coordination, que le service social de la Ville de Genève, mandatait en 2002, le bureau d’études Evaluanda afin de conduire une étude sur l’action sociale d’urgence.
Les auteurs du rapport relevaient « une absence de cohérence dans le réseau de l’action sociale d’urgence en matière d’acquisition des denrées alimentaires. De nombreux intervenants rapportent que la situation actuelle n’est pas satisfaisante et peut être grandement améliorée, ne serait-ce que par souci de rationalisation » ; les auteurs recommandaient alors d’envisager « la création d’une centrale alimentaire commune entre les membres de l’ancienne plate-forme de coordination ».
Le rapport constatait également une augmentation de la fréquentation des lieux d’accueil d’urgence proposant des repas gratuits aux personnes démunies. Depuis, cette tendance s’est confirmée, bien que l’offre de repas se soit élargie (création du club social rive droite et augmentation du nombre de repas servis au club social rive gauche).
Si le volume de l’aide alimentaire est difficile à chiffrer, on peut cependant estimer que 700 repas gratuits sont en moyenne servis quotidiennement dans les structures d’accueil d’urgence. À cela, il faut ajouter les repas fournis dans le cadre d’un hébergement, comme par exemple à la communauté d’Emmaüs (environ 130 repas quotidiens) et les repas distribués sous forme de colis (2'212 repas par semaine livrés par les Colis du Cœur en 2004).
Suite au premier rapport sur l’action sociale d’urgence, le service social de la Ville de Genève, a tout d’abord demandé un rapport complémentaire au bureau d’étude Evaluanda intitulé « Acquisition, stockage et distribution de nourriture » (mai 2004), puis a encouragé la création d’un groupe de travail constitué de plusieurs structures distribuant des repas gratuits, à savoir Emmaüs, les Colis du Cœur, Caritas, le Caré et l’Armée du Salut.
Le projet de centrale alimentaire a ensuite été mis sur pieds. Il a l’avantage de répondre de façon pragmatique aux besoins actuels, sans être gigantesque. Il apporte des solutions constructives, efficientes et partenariales. Le projet a également l’intérêt d’être issu des associations membres du Forum et de permettre la poursuite de la collaboration entre les différents partenaires.
Outre de faciliter l’acquisition des denrées alimentaires, la création de l’association Partage permet à ses membres de diversifier et d’améliorer leur offre de repas, notamment grâce à l’apport régulier de produits frais. À terme, elle devrait aussi leur permettre d’économiser une part importante de leur budget actuellement consacré à la préparation des repas.
De plus, Partage a rapidement complété son offre par des produits non consommables, comme des produits d’hygiène ou encore des langes pour bébés.
Sources : dossier de presse de PARTAGE / Ville de Genève.



