Non aux armes à feu de service à domicile

Article révisé le 22 avril 2008
L’association Euphoria vous invite à manifester votre désaccord quant à la présence des armes militaires à domicile en signant l’initiative populaire fédérale « Pour la protection face à la violence des armes », à télécharger ici.
L’armée  suisse n’a plus utilisé ses armes depuis le 9 novembre 1932, date à laquelle elle tira sur la population à Genève. Pourtant sont régulièrement annoncés des morts par armes de service. Le 23 novembre 2007, une jeune fille était abattue à Zurich avec un fusil d’assaut ; le 6 janvier dernier, une femme était tuée à la Chaux-de-Fonds avec un pistolet d’ordonnance. En 2007, au moins trois autres meurtres avec armes de service ont eu lieu.
Familles décimées ou suicides, il s’agit de plus de 300 morts chaque année, selon les chiffres officiels, sans parler de tous les actes non révélés par les médias.
Nous avons nous-mêmes reçu des témoignages de personnes ayant utilisé leur arme de service pour menacer, voire pour tirer, ainsi que de victimes. De récentes études évaluent le nombre de personnes tuées par arme à feu en Suisse à une par jour, dont la moitié avec des armes de service. Cela doit cesser.
Nul ne sait réellement combien d’armes à feu sont en circulation en Suisse. Il n’existe apparemment pas de relevé officiel, y compris concernant les armes de service. L’idée d’un registre central des armes a été largement balayée par le gouvernement, en totale contradiction avec sa politique étrangère, la Suisse s’étant pourtant engagée en faveur du Traité international sur le commerce des armes, obligeant les pays signataires à tenir un tel registre.
Selon les estimations, il s’agirait de 1 à 3 millions d’armes à feu (avec munitions) entre les mains de la population. Pour les armes de service proprement dites, le Département de la défense articulait le chiffre de 362’000 armes « anciennes » entre les mains de la population, contre 1,3 million selon l’historien Peter Hug, secrétaire de la commission spécialisée Politique de sécurité et politique de paix du parti socialiste, lequel évalue par ailleurs à 2,3 millions le nombre total d’armes à feu parmi la population.
En effet, l’armée ne compte pas les armes remises avant 1990, les archives étant détruites tous les dix ans. Jacques Pitteloud, chef du Centre de politique de sécurité internationale du Département des affaires étrangères, admet  que les autorités perdent « un peu » le contrôle des anciennes armes militaires, alors même que le Bureau central des armes de la police n’est jamais parvenu à obtenir d’informations de l’armée. Comme le souligne Amnesty International, le Département de la défense de Samuel Schmidt ne tient, pour sa part, aucune statistique sur l’utilisation abusive des armes personnelles en dehors du service.
De là à en déduire que le gouvernement s’intéresse moins à la vie des citoyens et à leur intégrité physique ou psychique qu’à une « tradition » n’ayant plus de raison d’être, il n’y a qu’un pas. Samuel Schmidt et son Département vont examiner les données en leur possession, tout en procédant, affirment-il, à des tests plus sévères lors du recrutement. C’est tout. Une fois de plus, la Suisse — pays de consensus, de compromis et de demi-mesures — prouve être incapable de prendre rapidement les bonnes décisions.
Chacun s’insurge contre la politique libérale des État-Unis d’Amérique quant à la gestion des armes à feu, un bébé de quelques mois ayant le droit, dans certains États, d’en recevoir une accompagnée de son permis. En Suisse pourtant, pays neutre, tout citoyen apte au service militaire en reçoit une gratuitement dès sa majorité, munitions incluses, qu’il peut ensuite conserver toute sa vie et utiliser à sa guise.
« Retirer l’arme aux militaires, c’est se méfier de la grande majorité des Suisses » assène Samuel Schmidt, dont le Département ajoute que les accidents et les drames sont exceptionnels. Ces morts pourtant ne se seraient jamais produites si les armes de service étaient déposées dans les arsenaux, à leur vraie place.
Alors que la vocation première de l’armée est de protéger la population et non de lui porter atteinte, mettre en balance des vies humaines et la préservation d’une prétendue tradition est indécent pour la mémoire des victimes, pour leurs familles, leurs proches et toutes celles et ceux qui se verront un jour pointé-e-s par un fusil ou un pistolet d’ordonnance.
Qui sera la prochaine victime de cette « tradition » : vous, votre mari, votre épouse, votre enfant, simplement au mauvais endroit au mauvais moment ?
Au moment même où l'armée — provocatrice — décide que les soldats montant la garde en Suisse auront désormais entre les mains un fusil chargé, une balle engagée dans le canon, l'inquiétude et le mécontentement se font sentir dans la population. Pour y répondre, le nouveau chef de l'armée, Roland Nef, se déclare très touché par chaque cas d'homicide ou de meurtre impliquant une arme militaire et dit être prêt à envisager un retrait des armes de service du domicile.
Berne estime pour sa part — avec une nonchalance irresponsable — qu’il n’y a « pas d’urgence » : la Commission de la politique de sécurité du Conseil national attend simplement le rapport commandé par Samuel Schmidt pour ce printemps.
Genève a d’ores et déjà décidé d’agir, bien que n’ayant pas encore reçu l’aval des juristes du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports. Depuis le mercredi 2 janvier 2008, il est en effet possible à tout soldat qui le souhaite de déposer gratuitement son arme de service à l'arsenal, désormais équipé pour en recevoir 1’300 actuellement, et certainement davantage à l’avenir, si cette mesure — qui est une première en Suisse — est suivie.
Selon nous, personne ne devrait posséder d’arme. Se joignant à toutes les personnalités et organisations demandant des mesures radicales, le comité de l’association Euphoria vous invite donc à signer sans attendre l’initiative populaire fédérale « Pour la protection face à la violence des armes », demandant notamment que les armes à feu des militaires soient conservées dans les locaux sécurisés de l’armée hors des périodes de service militaire, et qu’aucune arme ne soit remise aux militaires quittant l’armée.
Les listes de signatures peuvent être commandées ou téléchargées sur le site de l’initiative Protection armes : www.protection-armes.ch, où vous trouverez tous les renseignements utiles. Vous pouvez également télécharger ces listes ici (lien en tête d’article).
Pour d’autres informations, n’hésitez pas à consulter les liens suivants :
www.non-violence.ch
http://stop-suicide.ch
et enfin
www.amnesty.ch
http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/47/armes-berne-brouille-les-pistes
D'autres nouvellesnouvelles-armes_files/initiative-ppfva-signatures.pdfhttp://www.protection-armes.chhttp://www.non-violence.chhttp://stop-suicide.chhttp://www.amnesty.chhttp://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/47/armes-berne-brouille-les-pistesnouvelles-lecourrier.htmlshapeimage_1_link_0shapeimage_1_link_1shapeimage_1_link_2shapeimage_1_link_3shapeimage_1_link_4shapeimage_1_link_5shapeimage_1_link_6

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