Petite histoire

Un certain nombre de personnes se sont interrogées sur le choix du nom : euphoria ; sur le logo, sa couleur. Des plaisanteries douteuses, parfois blessantes, ont été faites sur la consommation de produits stupéfiants ou les sectes.
L'imagination est sans limites, dangereuse lorsque rien ne la maîtrise, ou lorsque la bêtise, l'envie, la jalousie, la peur la dominent. Or, la vérité peut y remédier ; du moins, est-ce notre autodafe.
Quelques objections, quant au nom de l'association notamment, furent formulées par des personnes avec lesquelles nous partagions la passion de la vérité, de la justice et de la santé, la foi en une vie harmonieuse et équilibrée, en un avenir et un monde dignes. Leurs réticences nous ont profondément touchés.
Ces personnes étaient néanmoins victimes de leur propre histoire. Ainsi, peut-on avoir fait de brillantes études, avoir eu une vie remplie, largement mise au service d'autrui, sans pour autant parvenir à dépasser réflexes, conditionnements ou habitudes, sans être capable de se dépasser.
Notre destin est de choisir en permanence entre l'amour et la peur.
Ces connaissances, amis et amies, qui nous étaient chères, avaient peur… de quoi ? Des malades et de ceux qui souffrent dans leur âme, des êtres seuls, perdus, abîmés. Des drogués par exemple.
Pourquoi l'euphorie était-elle systématiquement associée aux drogués, et pourquoi provoquait-elle pareille répulsion ?
Un être humain reste un être humain, quels que soient ses choix. Le souffrant ne s'attend pas aux conséquences des choix faits dans un moment de défaillance, conséquences qui l'entraînent, le débordent, le submergent, le dépassent, parfois inévitables, très souvent imprévues. Tout être qui défaille se trouve, sur le moment, inapte à faire face.
Dénigrer, mépriser le faible, celui qui perd espoir, vit le malaise, est mal — pour ne pas dire « est le mal » car il est échec, inacceptable dans notre société —, rejeter celui qui a mal à s'en détruire, à en mourir, est la loi. Telle est la loi de la peur : peur d'être atteint à son tour, pris au piège du jeu dont on a contribué à élaborer les règles, ou que l'on a refusé de changer.
Où est l'amour ? Qu'en est-il du fait de comprendre l'histoire des hommes et de la changer si possible ? Qu'en est-il du fait que notre monde est celui que nous faisons, qu'il n'y a aucune fatalité ?
Que le faible soit « inapte à faire face » est un choix de société, laquelle s'en sépare. Notre société est peur… de la différence, de la pauvreté, de la misère, de l'échec, de la maladie, de la vieillesse, du temps qui passe, de la nature, des animaux, de la vie, du destin, de ses propres décisions, de ses choix, de ses erreurs, de sa défaite lui revenant régulièrement en face de plein fouet. Motif pour lequel elle n'hésite pas à jeter ses « échecs ».
Rien n'existe que ce que nous faisons. Vivons-nous dans un monde d'amour ou de peur ? Peur de l'autre, peur de soi, de voir ses faiblesses dévoilées, ses mensonges découverts ; peur de perdre son confort, de ne plus pouvoir rien acheter, donc de devenir inutile… ?
Depuis presque mille ans, humain et bon étaient synonymes. Les 19ème, 20ème et 21ème siècles changent le sens des choses. Au bénéfice de qui ? Dans la faiblesse, ne trouve-t-on pas l'humilité ; dans la maladie, la bonté ; dans la vieillesse, le sens et la valeur ?
Notre monde, actuellement destructeur, perd son sens et ses valeurs. Nous devenons ce que les animaux ne sont pas : de simples bêtes, dans tous les sens du terme. Les désespérés seront de plus en plus nombreux puisque rien n'est plus sacré, ni eux ni quiconque.
Qu'en est-il alors de l'euphorie ? La douleur intérieure est telle, généralisée et systématisée au point que le bien-être ne semble plus réservé qu'aux intoxiqués artificiels par manque d'amour, manque de vérité, manque de vie. Que l'on en arrive à rejeter l'idée même de bien-être « naturel » est une aberration, compréhensible dès que l'on confond euphorie et état euphorique.
L'affirmation selon laquelle l'état euphorique est pathologique se transforme en négation de l'euphorie, de l'état d' « être bien », bien portant et supportant. Nos sociétés occidentales industrielles contemporaines, fondées sur le profit et la dépendance matérielle, ne peuvent tolérer un bien-être qui conduirait à se contenter, à être content, et à consommer moins. Seul le manque est autorisé, normatif.
Les humains ne sont-ils plus capables de choisir ce qui leur convient ? Sont-ils indignes de confiance à ce point ? Tant manque l'amour que la réponse est oui, car toute la valeur de nos choix réside dans leur impact sur autrui. Et tout autre a peur…
Les statuts de l'association précisent sans équivoque notre position vis-à-vis de l'intégrité. Par ailleurs, nous nous expliquons sur le nom de l'association à la page Aide aux personnes en difficulté, ainsi que dans l'article « De l'euphorie », sous Publications.
Le logo, quant à lui, représente une alliance : union contractée par engagement mutuel d'hommes de bonne volonté, prenant leur destin entre les mains ; êtres responsables et — si possible — inspirés, à défaut par la divinité, sinon par l'amour, le respect et la passion de la vie. Ardemment désireux d'aimer… d'aider, hommes confiants et fidèles, de foi (fides) : vous, nous.
Le désir (ou le besoin) d'une vie meilleure — à la mesure du meilleur en nous, à l'image de Dieu ? — n'est peut-être que le lointain « souvenir » de quelque chose qui n'est pas encore arrivé, sur une planète toujours en évolution : le paradis serait-il intuition plutôt que regret ? Souvenir signifie « subvenir » : se (re)présenter à l'esprit. Ouvrons donc nos esprits pour accueillir la présence d'Esprit, essence de la divinité s'il en est.
La spiritualisation humaine, fruit d'un travail évolutif constant, serait l'accomplissement de l'ancienne (éternelle) promesse : toi et moi ne faisons qu'un.
L'amour prend alors un sens unique. La terre et le ciel se rejoignent. Vert et bleu se mêlent… couleur bienfaisante d'eaux limpides et paradisiaques, loin du refoulement boueux. Le turquoise est paix et repos, équilibre, harmonie entre le vert de l'immaturité, de l'attachement à la terre, de l'amertume parfois mais de l'espoir… et le bleu de la nouveauté, de l'innocence, de l'élan vers le ciel, de la noblesse et du dépassement.
Enfin, l'alliance est ouverte : il ne s'agit pas d'un cercle fermé, boucle de Mœbius ou cercle vicieux. Nous resterons ouverts d'esprit sur la vie et le monde.
L'association demain…

Le défi actuel est d'obtenir des fonds afin de constituer un capital garantissant durablement l'existence de l'association, mais surtout permettant la reprise de ses activités le plus rapidement possible. Voir la page À propos de l'association.
L'association tient fermement à la poursuite et au renforcement de ses initiatives auprès des personnes malades ou démunies, visant la Suisse romande.
L'un de ses projets à long terme est ainsi d'ouvrir une maison de repos, lieu d'accueil, de retraite et de séjour courte durée pour personnes dans le besoin, en situation de crise personnelle ou familiale, ou plus simplement cherchant un havre de paix et de sérénité afin de se ressourcer.
Parallèlement, tout sera mise en œuvre pour intensifier ses actions écologiques.


