L'état de l'environnement : passé, présent et avenir (partie 3)


Les zones côtières et marines

En 1994, on estimait à 37 % la proportion de la population mondiale qui vivait à moins de 60 kilomètres d'une côte, ce qui est plus que l'ensemble de la population mondiale en 1950.

À l'échelle mondiale, les eaux usées sont la principale source de contamination, en volume, et les déversements d'eaux usées provenant des pays en développement sont en augmentation du fait de l'urbanisation rapide, de l'accroissement de la population et du manque de mesures d'aménagement et de financement de systèmes d'évacuation des eaux usées et d'usines de traitement de l'eau.

Le Programme d'action mondial du PNUE pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres a été lancé en 1995 puis redynamisé en 2001. L'un de ses principaux objectifs est de réduire les rejets d'eaux usées.

L'impact économique de la contamination des mers, mesuré par le coût entraîné par les maladies et par la mauvaise santé, serait de l'ordre de près de 13 milliards de dollars.

Les rejets d'eaux usées, à quoi il faut ajouter les eaux de ruissellement chargées d'engrais provenant des terres agricoles et les émissions des voitures, camions et autres véhicules, apportent des éléments nutritifs aux océans et aux mers, surtout des composés azotés.

En 1991-1992, les exploitations d'élevages de poissons en République de Corée ont subi une perte de 133 millions de dollars par suite d'efflorescences d'algues toxiques, les marées rouges, qui ont été déclenchées par ces apports d'éléments nutritifs.

L'application d'engrais augmente dans les pays en développement mais s'est stabilisée dans les pays développés.

D'autres menaces pèsent sur l'océan : le changement climatique, les déversements d'hydrocarbures, les rejets de métaux lourds, de polluants organiques persistants (POP) et de détritus divers. La sédimentation, qui est le résultat d'activités de construction le long des côtes, mais aussi de l'agriculture et du déboisement, menace gravement les récifs coralliens dans le monde, en particulier dans les Caraïbes, l'océan Indien et l'Asie du Sud et du Sud-Est.

La lutte contre la pollution marine est l'un des principaux objectifs du Programme du PNUE pour les mers régionales qui, avec la signature d'un accord sur la protection des mers régionales du Pacifique du Nord-Est, en mars 2002, couvre désormais pratiquement l'ensemble du milieu marin mondial.

Les pays ont adopté au début de 2001 la Convention de Stockholm sur les POP, qui sont 12 composés polluants organiques persistants particulièrement sales.

On considère qu'un peu moins d'un tiers des stocks de poissons, dans le monde, sont en voie d'épuisement, surexploités ou en cours de récupération, par suite d'une surpêche qui se trouve alimentée par des subventions, qui atteindraient 20 milliards de dollars par an.

L'atmosphère

L'épuisement de la couche d'ozone, qui protège la vie sur la Terre contre des rayons ultraviolets dangereux, a atteint des niveaux exceptionnels. En septembre 2000, le trou de l'ozone au-dessus de l'Antarctique couvrait plus de 28 millions de kilomètres carrés.

Le Protocole de Montréal a été adopté en 1987. La production des principaux chlorofluocarbures (CFC), des substances dont on a constaté qu'elles détruisaient la couche d'ozone, est passée par un maximum en 1988 mais est désormais ramenée à des niveaux très bas.

Plus de 1,1 milliard de dollars ont ainsi été fournis à 114 pays en développement pour les aider à éliminer les substances qui appauvrissent la couche d'ozone. À la fin de 2000, la consommation totale de ces produits chimiques avait été réduite de 85 %. Il faudra attendre le milieu du XXIe siècle pour que le couche d'ozone ait retrouvé ses niveaux antérieurs à 1980.

Les concentrations de dioxyde de carbone, principal gaz lié au phénomène du réchauffement mondial, sont actuellement de 370 ppm (parties par million) soit 30 % de plus qu'en 1750. Les concentrations des autres gaz à effet de serre comme le méthane et les halocarbures, ont également augmenté.

Dans la région de l'Asie et du Pacifique, les émissions ont atteint 2'167 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 1998 ; cette région était suivie par l'Europe avec 1'677 millions de tonnes, par l'Amérique du Nord avec 1'614 millions de tonnes, par l'Afrique, 223 millions de tonnes, l'Amérique latine et les Caraïbes, 365 millions de tonnes, et l'Asie occidentale avec 187 millions de tonnes.

En 1997, les pays industrialisés ont adopté le Protocole de Kyoto, qui leur fait obligation de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5 % environ entre 2008 et 2012, en dessous des niveaux atteints en 1990. Le Protocole comporte également des mécanismes souples qui permettent aux pays de compenser une partie de leurs émissions par des actions positives à l'étranger. Le Mécanisme de développement propre, par exemple, permet de compenser les émissions par la plantation d'arbres ou par un soutien à des dispositifs d'exploitation de l'énergie écologiquement rationnels (« verts ») dans les pays en développement.

Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat estime que l'application du Protocole coûtera aux pays industrialisés entre 0,1 et 2 % de leur produit intérieur brut.

2032 : des choix pour l'avenir

L'avenir est entre nos mains : les décisions prises aujourd'hui et demain définiront le type d'environnement pour les générations présentes et futures.

GEO-3, dans son chapitre de prospective, présente quatre scénarios aboutissant à des résultats très différents au bout de 30 ans. Nous retiendrons ici les deux scénarios les plus contrastés dans la région : le scénario Marchés d'abord et le scénario Durabilité d'abord. Le premier prend pour hypothèse un triomphe des forces du marché ; le second met au contraire l'accent sur des changements profonds dans les valeurs et les modes de vie, l'adoption de politiques vigoureuses et la coopération entre tous les secteurs de la société.

Les terres - En 2032, près de 3 % de la superficie émergée seraient construits, dans le scénario Marchés d'abord. Dans ce scénario, c'est dans la région Asie et Pacifique que les surfaces occupées par les villes et autres zones construites sont les plus vastes, plus de 5 % de la surface totale. Cette proportion est la plus faible en Europe, aux alentours de 2 %. On observe une augmentation de la superficie couverte par les villes en Afrique et en Asie occidentale. Alors que le pourcentage réel peut paraître faible, l'augmentation de la superficie couverte par les routes, les lignes électriques, les aéroports et autres grandes infrastructures a un impact beaucoup plus que proportionnel sur la faune et la flore sauvages (voir la section sur la diversité biologique).

Dans le scénario Durabilité d'abord, la superficie construite continue à augmenter, mais diminue légèrement en Amérique du Nord et en Europe, en dessous de 2 %, à mesure que des politiques d'urbanisme mieux conçues, comportant la construction de villes plus ramassées, de superficie plus réduite, sont adoptées.

L'eau - Le nombre de personnes vivant dans des zones souffrant d'un stress hydrique grave, en chiffres absolus et relatifs, augmente dans presque toutes les régions du monde dans le scénario Marchés d'abord. On estime que 55 % de la population mondiale est touchée par le phénomène, en augmentation par rapport à 40 % en 2002. Les proportions les plus élevées sont observées en Asie occidentale avec plus de 95 %, et dans la région Asie et Pacifique avec plus de 65 %.

Dans le scénario Durabilité d'abord, la proportion de personnes vivant dans des régions frappées par un stress hydrique grave reste à peu près constante ou même diminue à la faveur de méthodes de gestion plus efficaces permettant de réduire les prélèvements d'eau, en particulier pour l'irrigation. En Asie occidentale, la proportion reste de l'ordre de 90 %, mais elle diminue de moitié environ aux États-Unis pour ne pas dépasser un cinquième, tandis qu'en Europe elle diminue d'un tiers actuellement à un peu plus de 10 % en 2032.

Les forêts et la diversité biologique - L'expansion rapide des infrastructures, prévue dans le scénario Marchés d'abord, devrait entraîner la poursuite et la destruction, la fragmentation et la perturbation des habitats et de la faune et de la flore sauvages. Plus de 70 % des superficies émergées pourraient être affectées dans le monde, les impacts étant les plus graves en Amérique latine et dans les Caraïbes (près de 85 %) et les plus faibles en Asie occidentale (un peu plus de 50 %).

Dans le scénario Durabilité d'abord, les impacts de la construction d'infrastructures continuent à s'alourdir, puisqu'ils touchent 55 % des zones touchées, bien que la situation se stabilise en 2032. Un peu moins de 60 % des terres en Amérique latine et dans les Caraïbes subissent les effets de ces constructions d'infrastructures en 2032, et un peu plus de 40 % en Asie occidentale.

Les zones côtières et marines - Dans le scénario Marchés d'abord, la charge d'azote, qui est un indicateur d'un large éventail de polluants d'origine terrestre, augmente fortement en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique, et en Asie occidentale. Alors que l'augmentation de la charge d'azote dans les eaux côtières européennes est généralement moins grave, la côte méditerranéenne subit une pression particulière en raison de plusieurs facteurs : la croissance urbaine, un mauvais traitement des eaux usées, l'essor du tourisme et l'intensification des cultures. La situation est préoccupante dans d'autres zones, et notamment les estuaires de plusieurs grands fleuves comme le Mississippi et le Nil.

Dans le scénario Durabilité d'abord, une meilleure gestion des eaux usées et des eaux de ruissellement se traduit par une augmentation moins importante de la pollution côtière, sauf en Asie occidentale.

L'atmosphère - Les émissions de dioxyde de carbone résultant de la combustion des combustibles fossiles continuent à augmenter, pour atteindre environ 16 milliards de tonnes par an en 2032 dans le scénario Marchés d'abord. À la même date, les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère dépassent 450 ppm et progressent pour atteindre probablement 550 ppm en 2050, soit le double des concentrations avant l'ère industrielle.

Dans le scénario Durabilité d'abord, les émissions de dioxyde de carbone augmentent également, mais une modification radicale des comportements, alliée à l'introduction vigoureuse de mesures d'amélioration des rendements énergétiques, laissent présager une baisse de ces émissions. En 2032, les émissions mondiales de dioxyde de carbone sont inférieures à 8 milliards de tonnes par an. Cependant, en raison du temps que mettent les phénomènes à se propager dans les systèmes climatiques, les concentrations dans l'atmosphère commencent à se stabiliser vers 2050 seulement.

Pour tout complément d'information, contacter :

Nick Nuttall, chef des relations avec les médias, PNUE

Tél. : +254 2 623084
Cellulaire : +254 733 632755, mél :
nick.nuttall@unep.org.

On peut commander le rapport GEO-3 à l'adresse suivante :

Earthprint Limited Order Dept. GEO-3
P.O. Box 119, Stevenage, Hertfordshire SG1 4TP, Royaume-Uni

Tél. : +44 14 3874 8111

Fax : +44 14 3874 8844
Mél :
orders@earthprint.co.uk
www.earthprint.com

Prix : £25 ou 37.50 USD.

 

Dans le monde…

Évologie  >  Les hommes et le monde  >  Dans le monde : l'état de l'environnement (3/3)

Les photographies
ne font pas partie du Communiqué de presse
du PNUE