L'état de l'environnement : passé, présent et avenir (partie 2)


GEO-3 1972-2002 : le passé et le présent

LES TERRES

La principale force motrice, qui exerce une pression sur les ressources en terres, n'est autre que l'accroissement de la population mondiale. En 2002 il y a 2'220 millions de bouches de plus à nourrir qu'en 1972.

En Asie et dans le Pacifique, les surfaces irriguées sont passées de moins de 125 millions d'hectares en 1972 à plus de 175 millions en 2002. Une irrigation excessive, mal conçue, peut dégrader les sols par l'impact de la salinisation, l'accumulation de sel. Plus de 10 %, entre 25 et 30 millions d'hectares, des terres irriguées, dans le monde, sont classées comme gravement dégradées par le sel.

L'érosion des sols est un facteur essentiel de leur dégradation. Ce sont environ 2'000 millions d'hectares de terres, soit 15 % de la surface émergée de la terre, ou une superficie plus grande que les États-Unis et le Mexique réunis qui est désormais classée dégradée du fait des activités de l'homme.

Un sixième environ de cette superficie, soit 305 millions d'hectares de sols sont « fortement ou extrêmement dégradés ». Les sols extrêmement dégradés sont si endommagés qu'aucune remise en état n'est possible.

Les principaux types de dégradation des sols sont l'érosion hydrique (56 %), l'érosion éolienne (28 %), la dégradation chimique (12 %) et les dégâts physiques ou structurels (4 %).

Le surpâturage explique 35 % de la dégradation des sols, le déboisement 30 %, les conséquences de l'agriculture 27 %, la surexploitation de la végétation, 7 %, et l'activité industrielle 1 %.

La montée de l'agriculture urbaine est une des caractéristiques des 30 dernières années. La plupart des ménages en Asie du Sud-Est et dans les îles du Pacifique pratiquent cette activité. Environ 30 % de l'alimentation des habitants de la Fédération de Russie provient des 3 % produits par les jardins et vergers de banlieue. On estime à 65 % la population de Moscou qui pratique cette activité, l'agriculture urbaine ; cette proportion était de 20 % au début des années 70.

L'EAU

La moitié environ des fleuves mondiaux sont gravement atteints ou pollués. Environ 60 % des 227 fleuves les plus importants de la planète sont fortement ou modérément fragmentés par des retenues et autres grands ouvrages.

Les avantages résultant de ces travaux sont une augmentation de la production vivrière et de l'hydroélectricité. Mais ils causent des dommages irréversibles aux terres humides et autres écosystèmes et, depuis les années 50, entre 40 et 80 millions d'hommes ont été déplacés par les effets de la construction des barrages.

Deux milliards d'hommes, soit un tiers de la population mondiale, sont dépendants des eaux souterraines. Dans certaines parties de l'Inde, de la Chine, de l'Asie occidentale, et notamment de la péninsule Arabique, de l'ex-Union soviétique et de l'Ouest des États-Unis, le niveau de la nappe phréatique baisse par suite de prélèvements excessifs d'eau.

Un pompage excessif d'eau peut entraîner l'intrusion d'eau de mer dans les zones côtières. Par exemple, la contamination par l'eau salée, à Chennai (Madras), en Inde, pénètre maintenant jusqu'à 10 kilomètres à l'intérieur des terres.

Quatre-vingt pays, représentant 40 % de la population mondiale, souffraient d'un grave manque d'eau au milieu des années 90.

Ainsi, 1,1 milliard de personnes n'ont pas l'eau potable et 2,4 milliards n'ont pas de moyens d'assainissement améliorés, surtout en Afrique et en Asie.

Cependant, le pourcentage de personnes desservies par des adductions d'eau améliorées a augmenté, de 79 % en 1990 (4,1 milliards) à 82 % en 2000 (4,9 milliards).

Les maladies d'origine hydrique prélèvent un lourd tribut en vies humaines : deux milliards sont menacés par le paludisme, et 100 millions de personnes sont malades à un moment quelconque ; on compte deux millions de décès dus au paludisme chaque année. On compte aussi environ quatre milliards d'épisodes de diarrhée, faisant 2,2 millions de morts par an, soit l'équivalent de 20 avions gros porteurs qui s'écraseraient chaque jour.

Les infestations vermineuses intestinales touchent 10 % des habitants des pays en développement. Six millions de personnes environ sont devenues aveugles par suite du trachome, maladie oculaire contagieuse. Environ 200 millions souffrent de la schistosomiase, une grave maladie parasitaire.

Les forêts et la diversité biologique

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que les forêts, qui couvrent 3'866 millions d'hectares, soit un tiers des surfaces émergées, ont diminué de 2,4 % depuis 1990. C'est surtout l'Afrique qui est touchée, puisque 52,6 millions d'hectares de forêts ont disparu, soit 0,7 % du couvert forestier, au cours des 10 dernières années.

La production mondiale de bois ronds a atteint 3'335 millions de m3, dont la moitié sont utilisés comme combustible, surtout dans les pays développés.

Les méthodes commerciales d'abattage du bois sont souvent destructrices. En Afrique occidentale, il faut pour produire 1 m3 de grumes abattre 2 m3 d'arbre.

À la fin de 2000, des dispositifs de vérification de la bonne gestion des forêts tels que ceux animés par le Conseil de bonne gestion des forêts, avaient certifié comme conforme aux normes de durabilité, l'exploitation de 2 % environ des forêts mondiales. Il s'agit surtout de forêts situées en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Finlande, en Norvège, en Pologne et en Suède. D'autres dispositifs sont en préparation.

Les forêts de palétuviers, qui constituent un rempart naturel contre la mer et sont des lieux de prédilection pour l'éclosion des allevins, la confection de nids pour les oiseaux migrateurs, qui y font halte, sont menacées par les impacts d'activités telles que l'abattage excessif de bois d'œuvre et de bois de feu, le développement touristique et les infrastructures côtières. Jusqu'à 50 % des zones de palétuviers récemment détruites l'ont été pour la mise en place d'exploitations d'élevage de crevettes.

La perte et la fragmentation des habitats que sont les forêts, les zones humides et les marais de palétuviers (mangroves) ont encore accru les pressions qui s'exercent sur la faune et la flore sauvages mondiales.

Près d'un quart des espèces de mammifères, soit 1'130, et 12 % des espèces d'oiseaux, soit 1'183, sont actuellement considérées comme menacées d'extinction dans le monde.

L'introduction d'espèces allogènes d'une région du monde dans une autre est devenue une menace notable, ces dernières années, parallèlement au changement climatique. En effet, les espèces allogènes ont rarement, dans leur nouvel habitat, de prédateurs naturels, et peuvent donc l'emporter dans la compétition avec les espèces locales, pour l'obtention de sites où elles peuvent se reproduire et s'alimenter.

On estime qu'en 1939, 497 espèces allogènes habitant les eaux douces ou les mers avaient été introduites dans des environnements aquatiques de par le monde. Durant la période 1980-1998, ce chiffre, selon les estimations, avait grimpé à 2'214.

La superficie totale de zones protégées, telles que les parcs nationaux, est passée de 2,78 millions d'hectares en 1970 à 12,8 millions d'hectares en 2000. Leur nombre est passé de 3'392 à 11 496 durant la même période. Une enquête portant sur 93 zones protégées a permis de constater que la plupart réussissaient effectivement à enrayer le défrichage des zones sauvages et dans une moindre mesure à résoudre des problèmes tels que l'abattage de bois, la chasse, les feux de brousse et le surpâturage.

Le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine imposée depuis le milieu des années 80 semble avoir été un succès notable.

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Les photographies
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