Alimentation industrielle « plus saine » ?

L'entreprise Traitafina AG, à Lenzburg, du reste largement primée, conditionne de la viande et fabrique de la charcuterie pour les grandes surfaces et en tant que traiteur. Ses emballages précisent que la viande est sans conservateurs, sans phosphates, sans exhausteurs de goût et sans additifs E. Un bon point, mais…
Selon l'étiquette des emballages de jambon de derrière par exemple, la préparation contient du sel de cuisine (toujours un peu trop), du sucre (dextrose, agissant comme renforçateur de goût), des épices, des condiments et arômes (lesquels ?), et de la poudre d'acérola.
L’acérola (Malpighia glabra, Malpighia punicifolia), ou « cerise des Antilles » (Malpighiaceæ) est très riche en vitamines C (1,8 g pour 100 g., contre 0,10 g. pour la groseille de Chine (kiwi) ou 0,06 g. pour l'orange), ainsi qu'en vitamines A et B6, en bioflavonoïdes et en minéraux (fer, calcium, magnésium). Peut-être est-elle rajoutée pour ses qualités, ou pour sa couleur.
Quitte à vouloir bien faire, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout et se passer des condiments et des arômes, et à diminuer le sel qui, apparemment, n'est pas un condiment ? Le jambon n'a-t-il plus de saveur au naturel ?
Poissons en danger

Le WWF et le magazine Bon à savoir ont publié une brochure présentant un classement des variétés de poissons selon leur mise en danger par la surpêche et la consommation humaine. Le bulletin de commande de cette brochure est à télécharger ici : wwf_guide_f_lepo.pdf. Vous pouvez encore contacter directement le WWF (lien ci-dessous).
Des informations concernant la surpêche, les poissons indigènes et le label MSC sont également proposées sur le lien :
http://www.wwf.ch/fr/cequevouspouvezfaire/gestes_ecologiques/alimentation1/index.cfm.
Pour en savoir plus encore, toujours concernant la surpêche, et dire non aux subventions accordées par l'OMC aux pilleurs de ressources (site en anglais et en espagnol) :
Enfin, vous trouverez ici la liste des poissons menacés en Suisse : Poissons_de_Suisse.pdf.
En attendant d’y renoncer : des sapins de Noël replantables

Le « sapin » est, depuis fort longtemps, rattaché aux mythologies. Entre 2000 et 1200 avant notre ère, les celtes, associant un arbre à chaque mois du calendrier lunaire, le vénèrent déjà. L’épicéa, arbre de l’enfantement, devient l’arbre du 24 décembre, jour de la renaissance du soleil. Lors du rite du solstice d’hiver, l’arbre désormais symbole de vie, est décoré des produits de la terre.
Grecs et Romains puis, par extension, les peuples du Moyen-Orient comme, plus tard, les vikings, considèrent cet arbre comme sacré, toujours symbole de vie, et lui vouent un véritable culte. Très tôt, il est décoré et des sacrifices lui sont offerts.
Entre le 4ème et le 16ème siècles, l’Église catholique récupère et sacralise le rite païen. Garni de pommes rouges puis de diverses friandises, le sapin — choisi notamment pour des raisons climatiques en Europe — devient la représentation de l’arbre de vie du Paradis. Appelé « Arbre du Christ », il est associé à la naissance du Christ.
Au Moyen-Âge, l’étoile réapparaît au sommet (elle existait déjà au Moyen-Orient au 3ème siècle avant notre ère comme symbole du sacrifice du dieu Baal, ou Attis), cette fois en analogie avec celle qui guida les Rois Mages à Bethléem. Parallèlement, d’autres rituels autour d’arbres décorés puis brûlés ont lieu en diverses régions, notamment en Lettonie.
À la Renaissance enfin, pour se démarquer des catholiques vénérant l’enfant Jésus à travers la crèche, les protestants font de cet arbre le symbole de Noël proprement dit, en rappel de l’arbre d’Eden, source de la connaissance du bien et du mal. L’Église catholique décrète alors l’arbre de Noël symbole païen.
Originellement née en Alsace (France) et dans la région de Bâle (Suisse), sous l’influence protestante, la tradition du sapin de Noël se répand tout d’abord en Allemagne et en Scandinavie, puis au Québec et en Amérique du Nord au 18ème siècle ; elle arrive finalement en France dès après la guerre de 1870, avant de gagner l’Europe et le monde entier.
Guère soucieuse d’écologie ni de résoudre le paradoxe consistant à porter atteinte à l’intégrité de la Création et des autres formes de vie pour le seul « salut » de l’être humain (voir par exemple le ravage des oliviers au moment de Pâques), l’Église catholique réhabilite l’arbre de Noël au milieu du 20ème siècle. Contradictoire, Jean-Paul II le présentera même comme « l'Arbre de la Vie, image du Christ, don suprême de Dieu à l'humanité », comme le messager « de la vie qui reste verte et qui est un don, non matériel mais d'elle-même, dans l'amitié et l'affection, dans l'entraide fraternelle et le pardon, dans le partage et l'écoute de l'autre ».
Techniquement parlant, l’arbre généralement vendu à la période de Noël est la variété Picea abies, épicéa commun à croissance rapide et au prix de revient peu élevé. Dans certains cas, l’on trouve également la variété Abies alba, ou sapin blanc. Enfin, la variété Abies nordmanniana, ou sapin de Nordmann, est en constante progression sur le marché, avec l’avantage de garder ses aiguilles plus longtemps.
L’arbre de Noël est aujourd’hui, malheureusement, devenu un objet de grande consommation, au point que les plantations destinées à satisfaire à la demande n’existent qu’afin de limiter les coupes sauvages. La question doit être posée : pourrait-on s’en passer, à une époque où les problèmes de respect de l’environnement et d’écologie deviennent une préoccupation quotidienne ?
Avec un peu de bon sens et de bonne volonté, la réponse est évidemment oui. Il s’agit-là d’une tradition qui pourrait être abandonnée sans difficulté pour autant que la fête de Noël retrouve son sens originel et que l’on accorde plus d’importance, de valeur, aux rapports humains qu’aux échanges matériels.
Chaque année après les fêtes, rien qu’à Genève, 20’000 sapins finissent aux déchets. En attendant que le consommateur soit devenu sage, certains développent néanmoins des alternatives à la destruction de ces arbres à des fins commerciales.
Un agriculteur de Puplinge (Genève) a ainsi mis au point une technique lui permettant de prélever les arbres sans endommager les racines. Vivant, le sapin de quatre ans est livré au client, puis est repris et replanté afin de poursuivre sa croissance. L’expérience n’est certes pas anodine pour le végétal, mais au moins n’est-il pas tué. De surcroît, les sapins de la plantation — recyclables dans tous les sens du terme — sont « bio » : cultivés sans engrais chimiques, et fournis en substrat.
Ne reste donc plus au client que d’en prendre soin durant quelques jours.
Pour tout renseignement :
Niel Étienne Hadi
190, route de Jussy
CH - 1241 Puplinge (Genève)
Tél. : 022 759.01.73


